logo

Le Blogue de Maurice Roussel

Jacques Roussel fait des transactions importantes

Mis en ligne le 15 août 2022

À partir de 1765 jusqu'à 1775, la colonie traverse une crise économique importante. Plusieurs hommes d’affaires pourtant bien établis à Rivière-Ouelle sont acculés à la faillite. Des cultivateurs doivent céder leur terre pour acquitter leurs dettes. La seigneurie de la Bouteillerie n’est pas rentable et est à vendre. La seigneuresse, Madame de Boishébert, n’y réside plus. Elle a nommé un fondé de pouvoir, Pierre Mailloux, marchand de Rivière-Ouelle, mais celui-ci connaît des difficultés financières. Le territoire occupé par Rivière-Ouelle, Sainte-Anne et Kamouraska compte une population de plus de 2300 âmes.

Malgré la situation économique précaire, Jacques Roussel réalisera des transactions importantes. D’abord, le 15 mai, il échange sa terre de deux arpents sise à la pointe aux Yroquois contre une terre de quatre arpents et neuf pieds, appartenant à Jean Miville et située à la pointe aux Orignaux. Cette transaction lui coûtera 300 francs et est satisfaisante pour les deux parties. D’une part, Jean Miville possède déjà une terre voisine de celle de Roussel à la pointe aux Yroquois qui se trouvera agrandie suite à cet échange. D’autre part, Roussel doit se trouver une plus grande terre pour répondre aux exigences d’une famille toujours grandissante. De plus, les deux terres sont dotées de claies et de coffres à pêche sur leur devanture. Sa nouvelle propriété est bornée au nord par le fleuve, au sud-ouest par Louis Martin et au nord-est par un dénommé Bonenfant.

En juillet 1769, Jacques Roussel est approché par Pierre Mailloux, qui lui offre une concession chargée de redevances envers la seigneuresse, soit trente sols de rente foncière seigneuriale et deux sols de cens pour un total de trois livres et deux sols par arpent de front «payables chacun an au jour et feste de St Martin, 11 novembre ». Cette concession fait de Jacques Roussel le tenancier de la terre. Il n’a donc pas à payer d’autres sommes que les redevances qu’il s’engage à verser. Le contrat est signé le 12 juillet devant le notaire Joseph Dionne.

«Pardevant le notaire royal de la côte du sud résidant en la paroifse de Ste Anne soussigné et les témoins cy après nommer; fut présent en sa personne, le Sr Jacques Roucel habitant de la paroifse de la Rivière Ouelle, lequel a dit et déclaré être détenteur et propriétaire de deux arpent de terre de front, sur quarante deux arpent de profondeur size et situé en la paroifse de la Rivière Ouelle au lieux nommé l’anse aux orignaux sur le fleuve St Laurent entre Jacques Danjou et Jean Miville lesd. Deux arpents de terre estant en la censive de la Seigneurie de lad. Rivière Ouelle et chargés de cens et rentes cy après énoncé, envers madame de Boishébert seigneurefse dud. Lieu; à ce présent et acceptant pour elle et en son nom le Sr Pierre Mailloux fondé de ses pouvoirs lesd. Cens portant rentes, saisines et amendes quand le cas y échuera. Lesd. Deux arpents de terre sont chargés envers lad. Dame seigneurefse de trente sols de rentes foncière seigneurial nom rachetable à toujours et deux sols de cens par arpent de front, le tout fait la somme de trois livres deux sols; et tous payables par chacun an au jour et feste de St Martin, onze novembre…»

Qu’est-il advenu de cette concession ? Deux ans plus tard, lors de la confection du site terrier par la seigneuresse de Boishébert, Jean Miville déclarera posséder une terre de trois arpents, voisine de celle de Jacques Roussel. Il s’agit bien de la concession.

Pour sa part, Jacques déclarera être détenteur et propriétaire d’une terre de quatre arpents et huit pieds de front sur 42 arpents de profondeur située dans la Pointe aux Orignaux. Cette terre comprend 10 arpents de sol labourable et une grange. Les voisins de Jacques sont Pierre Lévesque au nord-est et André Bérubé au sud-ouest. Il s’agit bien ici de la terre qu’il avait acquise de Jean Miville en mai.

En conclusion, malgré la crise économique, Jacques Roussel a réussi à conserver ses terres tout en augmentant sa famille puisque le 28 janvier 1771, sa femme, Gabrielle mettait au monde un troisième enfant qui portera le nom de Lambert. Et après deux ans de répit, c’est une fille, Marie-Charlotte, qui s’ajoutera à la famille le 2 mars 1773. Il y a maintenant 11 enfants dans la petite maison des Roussel.

Bas de page



Chroniques

À propos de l'auteur

photo

Maurice Roussel est à l'origine de l'Association des Roussel d'Amérique qu'il incorpora en 1996 et administra bénévolement à titre de secrétaire-exécutif jusqu'en avril 2003 alors qu'il décidait de créer un Centre de documentation généalogique et historique sur le web.

Ce Centre de documentation qui contient la totalité des résultats de ses recherches sur les origines françaises des familles Roussel d'Amérique a été mis gratuitement à la disposition des Roussel du monde sur Internet de mai 2003 à mars 2022.

courriel